Cinq. En sept mois, le programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) a délivré cinq certificats de sélection. Moins d’un immigrant retenu par région. Pendant ce temps, dans la Capitale-Nationale, des centaines de PME cherchent désespérément des bras, des compétences, des gens qui sont déjà là, qui parlent français et qui veulent rester. On a remplacé un programme imparfait par un programme fantôme.
Le vrai problème n’est pas technique. Il est stratégique. En abolissant le programme de l’expérience québécoise (PEQ) sans préavis et sans transition crédible, le gouvernement du Québec a envoyé un signal dévastateur au monde entier: ici, les règles changent en cours de route et au gré du vent. Pour un travailleur qualifié qui hésite entre Québec, Toronto, Berlin ou Melbourne, ce signal est un puissant repoussoir. Pour un employeur qui investit dans la formation d’un salarié étranger, c’est un pari devenu trop risqué. La prévisibilité réglementaire est le premier critère d’attractivité d’une économie. Nous sommes en train de la sacrifier sur l’autel des intérêts à court terme, qui n’ont rien à voir avec les intérêts supérieurs du Québec.
À Québec, les effets sont concrets et immédiats. Dans la restauration, des établissements réduisent leurs heures d’ouverture, faute de personnel. Dans l’hôtellerie et le tourisme, des entreprises peinent à maintenir le niveau de service qui fait la réputation de la région. Dans le manufacturier, des lignes de production tournent au ralenti parce qu’on peine à trouver des opérateurs qualifiés. Une situation similaire sévit dans la restauration, […]
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Chronique de Frédérik Boisvert, président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec.