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Les projets d’infrastructures de transport collectif : combiner développement économique et lutte aux changements climatiques

 

 

AUTEUR

Yves Desjardins-Siciliano
PDG de Siemens Mobilité Canada



À travers le Canada, afin de supporter la reprise économique, plusieurs grandes villes ont annoncé des projets d’infrastructures de transport collectif municipal et régional. Le Gouvernement du Canada a même annoncé la construction d’une infrastructure dédiée aux trains-passagers entre Québec et Toronto, le projet de Train à Grande Fréquence (TGF) de VIA Rail. L’apport économique de ces investissements s’élève dans les milliards au cours des 5 à 10 prochaines années. À lui seul, le TGF de VIA Rail a été estimé entre 6 et 12 milliards de dollars.

Mais si les gouvernements peuvent stimuler l’économie par de tels investissements, les citoyens seront du même coup, habilités à lutter contre les changements climatiques. En effet, l’augmentation de l’offre de transport municipal, régional et avec le TGF, interprovincial, permettra à chacun de contribuer à ce combat en optant pour ces nouveaux services, plutôt que la voiture. Des services de transport fréquents, accessibles, abordables, efficaces et sécuritaires constituent la meilleure manière de réduire l’empreinte de carbone reliée à la mobilité citoyenne. Ils contribuent même à augmenter la productivité de la main-d’œuvre en éliminant une part importante de la capacité présentement perdue à la conduite automobile. À elle seule, la perte de productivité reliée à la navette quotidienne au travail, à bord d’une voiture coûte des milliards annuellement à l’économie canadienne.


Trois enjeux à l’exécution des grands projets

Pour assurer la réalisation de ces bénéfices économiques et environnementaux, il est important de penser à leur exécution, en considérant trois enjeux : le mode de transport choisi (métro, tram en surface ou surélevé, train automatisé ou avec conducteur, à vitesse conventionnelle ou à haute vitesse) et son intégration dans l’écosystème de transport existant, incluant la tarification ; la durée des travaux pour une mise en service rapide ; et, le financement avec recours au secteur privé. Ces trois éléments devraient permettre l’implantation de technologies éprouvées, abordables, et une mise en service dans des délais raisonnables et prévisibles. Au surplus, ils faciliteraient l’acceptabilité sociale du projet, une composante essentielle de notre époque.

Cette perspective plus large et plus holistique appliquée aux nouveaux projets d’infrastructure sera particulièrement utile à mesure que notre monde des transports évoluera vers un écosystème beaucoup plus intégré.


Intermodalité : vers une intégration des services de transport

L’intégration harmonieuse d’un nouveau service de transport collectif consiste autant de son architecture et sa signature visuelle et auditive que de sa connectivité aux autres modes de transport existant. C’est ce qu’on entend par l’intermodalité. Celle-ci reconnait que le trajet requiert souvent le recours à différents modes de transport. On doit donc faciliter le transfert d’un mode à l’autre. À cet égard, l’approche MaaS — Mobility as a Service — s’installe progressivement à travers le monde. Elle vise une intégration des services de transport pour offrir une expérience intermodale sans faille aux passagers. Cette nouvelle façon d’aborder la question de la mobilité rassemble sur une plateforme numérique (une application, par exemple) de multiples services de transport — du vélo au tramway en passant par le taxi, les traversiers et l’autopartage — afin d’offrir une interface unique aux citoyens où planifier et le cas échéant, réserver et payer leurs déplacements.

L’intégration de la mobilité à travers une plateforme numérique permet aussi aux fournisseurs de service d’optimiser l’utilisation de leurs équipements, leurs offres de service et leurs horaires. De plus, elle contribue à la planification de futurs projets en fonction de données recueillies auprès des utilisateurs directement. Différents projets pilotes en Europe témoignent des effets positifs de cette approche innovante . En Suède, un projet a mené 64 % des utilisateurs à augmenter leur usage de méthodes de transport alternatives. À Vienne, un autre projet de MaaS a convaincu 48 % des participants à modifier leurs habitudes de transport en optimisant leurs parcours par la combinaison de plusieurs modes de transport en plus de s’inscrire à de nouvelles options de mobilité qu’ils n’avaient jamais utilisés précédemment.


Rapidité d’exécution et financement du secteur privé

La mise en service rapide vise à réaliser les bénéfices socio-économiques en réduisant du même coup les impacts négatifs et inconvénients reliés à la construction des infrastructures. Elle est aussi rendue possible par le déploiement d’équipements et de technologies éprouvés. Ce faisant, on améliore l’équation coûts-bénéfices du projet.

Finalement, le financement de ces projets doit maximiser la participation du secteur privé, pour deux raisons : d’abord, la disponibilité du capital privé peut réduire le fardeau du contribuable ; mais surtout, la gouvernance et la supervision des partenaires financiers privés assurent une discipline d’exécution. Celle-ci est le meilleur gage du contrôle des coûts et d’une mise en service selon l’horaire prévu.

C’est en portant une attention particulière à ces trois enjeux que les grands projets d’infrastructures de transport collectif pourront se réaliser et ainsi offrir des alternatives à la voiture qui sont à la fois efficaces, accessibles et abordables.

En terminant, je vous invite à vous joindre à moi le 19 janvier prochain pour écouter un panel d’experts échanger sur les perspectives économiques et politiques de la région de Québec, ainsi que les autres tendances qui façonneront la région de la capitale.


1. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2213624X21001450

 


 

 

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